Contexte et justification

Au terme du processus de l’élection présidentielle du 27 août 2016, et prenant la mesure des fortes tensions politiques et sociales qui en ont résulté, ainsi que des demandes réitérées de l'opposition en la matière, le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, a annoncé, lors de son discours d’investiture, le 27 septembre 2016, l’organisation d’un dialogue politique ouvert à l’ensemble des forces vives de la Nation. Sa mission est d’engager des discussions visant à faire évoluer les institutions politiques de notre pays vers la consolidation de l’Etat de droit démocratique.

Le cadre institutionnel actuel est, en partie, la résultante des travaux de la Conférence nationale de 1990 et des Accords de Paris de 1994, puisque des modifications successives sont intervenues depuis lors. Si la Conférence nationale de 1990, qui vit la participation de soixante-quinze associations et partis politiques, mena, entre autres réformes majeures, à l’instauration du multipartisme intégral et à une révision constitutionnelle, les Accords de Paris organisés entre le 5 et le 27 septembre 1994, furent la conséquence du constat selon lequel toutes les proclamations des élections politiques organisées entre 1990 et 1993 se sont soldées par de violents mouvements de contestations, crispant le climat social et obérant les capacités de développement économique du pays.

Ainsi, désireuse de préserver la Paix et l’unité nationale du pays, dans l’intérêt supérieur de la Nation, la classe politique nationale prit la résolution de signer des Accords destinés à préserver les acquis de la Conférence nationale en réformant le cadre institutionnel en vigueur.

Fondées sur le principe de la résolution des contradictions politiques par le dialogue, les négociations politiques conduites à Paris adoptèrent des décisions visant à solutionner les problèmes électoraux avec, entre autres, la révision du Code électoral et la mise en place de la Commission Nationale Electorale (CNE) et du Conseil National de la Démocratie (CND), le renforcement de l’Etat de droit à travers la recherche de l’indépendance et de l’efficacité des institutions constitutionnelles, la restauration de l’autorité de l’Etat républicain, la réforme du cadre de création et de gestion des partis politiques ainsi que l’encadrement du métier de journaliste en République Gabonaise.

Cependant, la mise en œuvre de ces Accords par des réformes constitutionnelles, législatives et règlementaires, n’a pas permis d’assurer des lendemains d’élections politiques apaisés au Gabon. Ainsi, lors de l’élection présidentielle anticipée de 2009, des violences post-électorales avec pertes en vies humaines et des dégâts matériels ont resurgi, entraînant le pays dans une crise politique grave, avec notamment le refus d’une partie de l’opposition de prendre part aux élections législatives de 2011.

L’élection du Président de la République du 27 août 2016 a connu le même sort : la contestation des résultats ayant donné lieu à des pertes en vies humaines, à la destruction des biens publics et privés.

C’est dans ce contexte que, s’inscrivant dans la logique du culte du Dialogue et du consensus qui ont toujours caractérisé l'histoire politique de notre pays, le Président Ali BONGO ONDIMBA a convoqué ces assises.

Publié le 8 Mars à 17h30